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La tragédie comme possibilité de construire le nouveau
Lignes d'action suite à l'ouragan Mitch On a dit ces derniers jours qu'il nous faudra 20 ans pour retrouver le niveau de développement que nous avions en Amérique centrale jusqu'au mois d'octobre 1998. Mais voulons-nous vraiment retrouver ce même niveau ? La tragédie, qui a frappé essentiellement les secteurs les plus pauvres, a atteint cette ampleur justement à cause du modèle de développement en place : Conditions économiques et sociales qui laissent de côté une partie de la population, mauvaise planification, absence de politiques de prévention, faiblesses d'organisation . Comme le dit A. Zamora dans " El Nuevo Diario " de Nicaragua : " Un tremblement de terre échelle 7,4 a secoué la Californie en 1992 et a causé un mort. A Manangua, en 1972, il y eu 15 000 morts. L'ouragan Elena a causé 5 morts aux Etats-Unis. Un cyclone au Bangladesh, un demi-million. Plus que la nature, ce sont la pauvreté et les gouvernements incapables qui nous tuent " Si l'Amérique centrale a été détruite aujourd'hui, il nous faut, à plus forte raison, repenser le projet de sa reconstruction. Paradoxalement, la tragédie pourrait se convertir en une opportunité de repenser un nouveau modèle de développement pour la région, un modèle qui soit effectivement équitable, durable, et démocratique. Tout doit être remis en question aujourd'hui à la lumière de cette nouvelle géographie économique et depuis le regard encore ébahi des 30 millions d'hommes et de femmes de cet isthme : L'intégration centro-américaine, l'insertion dans les marchés globaux, les politiques de production agricoles, les politiques de l'habitat, la santé, l'emploi. Les priorité de la coopération internationale : la coopération bilatérale, la coopération multilatérale, la coopération non-gouvernementale, et les actions de solidarité C'est à cette fin que nous avons élaboré la proposition suivante d'actions possibles pour le moyen terme :
1. Analyse, interprétation et débat sur le modèle de développement en Amérique centrale - Réaliser une interprétation critique et détaillée des effets de l'ouragan et des autres désastres naturels dont a souffert dernièrement l'Amérique centrale, en prenant comme base le modèle de " développement " en vigueur et en relevant ses aspects économiques, sociaux, politiques, environnementaux (par exemple, la relation entre la déforestation, l'érosion du sol et la gravité des éboulements ; les inondations et la carence de planification urbaine ; le manque d'organisation et le peu de capacité à prévenir une d'évacuation ; la perte des récoltes aujourd'hui et son impact alimentaire et écologique futures, etc ) - Introduire dans le débat public des réflexions et des propositions sur un nouveau modèle de développement pour la région à partir des conditions que nous rencontrons depuis le 1er novembre.
2. Influence sur les instances de coopération. Pression sur les instances gouvernementales - Proposer des critères, des règles, des priorités et de nouvelles manières de concevoir les programmes de développement en Amérique centrale, répondant à l'urgence, mais en nous projetant dans le long terme. Ceci est valable aussi bien pour ce qui concerne l'aide internationale, que pour les politiques gouvernementales centrales et locales. - Formuler, à partir de la situation mentionnée ci-dessus des initiatives qui influencent directement la définition de nouvelles politiques de l'habitat, de santé, de production alimentaire, d'emploi, de protection écologique, d'intégration régionale, etc
3. Orienter la réponse à l'urgence dans les projets locaux, avec une logique à long terme et de développement de capacités - Répondre à l'urgence, avec une méthodologie qui renforce la capacité de planification, de proposition de négociation et d'organisation des personnes et des instances avec lesquelles nous travaillons. Passer de l'état de " sinistrés " à celui de " sujet de développement ". Confronter la logique purement assistentialiste, verticale , " bienfaitrice " et ponctuelle, avec des actions et des propositions qui impliquent la participation consciente de la population : Qui permette d'atteindre une meilleure capacité de diagnostique, de définition de priorités, de planification des ressources, etc - Renforcer la capacité de vigilance et de contrôle de la part de la société civile sur les mesures gouvernementales, les plans d'urgence et de prévention, le respect des recommandations techniques pour éviter de nouveaux désastres face à des conditions climatiques difficiles
4. Resserrer les liens entre nos peuples Partant de cette situation de condoléances mutuelles, créer des canaux de communication et d'appui plus stables et permanents entre les peuples de la région, qui nous permettraient de nous entendre comme participes d'un même destin, dont nous avons chacun besoin. Tous nos pays ont été sérieusement touchés et, bien que la tragédie ait été terrible au Honduras et au Nicaragua, ce qui c'est passé dans les autres pays ne fut pas secondaire. - Lancer la circulation d'informations sur les efforts, les initiatives, les actions exemplaires ou expériences novatrices mises en place pour répondre au désastre y para répondre au delà des besoins les plus immédiats. Faire remarquer qu'aucun gouvernement ne pourrait affronter à un désastre de cette ampleur sans la participation active, consciente et organisée de la société. En définitive, il faut nous préparer pour que ceci n'arrive plus jamais. ( ) Nous devons faire en sorte de dépasser le niveau de développement que nous avions jusqu'au 20 octobre dernier, non seulement en termes quantitatifs, mais également en termes qualitatifs. Saisissons la possibilité que ce désastre nous offre, en nous montrant de façon brutale le visage meurtri de cette région et les conséquences du système dans lequel nous vivons pour nous engager à construire de nouvelles relations, de nouvelles conditions, un nouveau future. Voilà quelques idées et propositions à enrichir et améliorer Fraternellement, Oscar Jara H. Coordinateur Regional ALFORJA, organisation régionale parapluie dont est membre la FUNPROCOOP, organisation partenaire de GVOM au Salvador dans laquelle travaillent Anne-Catherine Bickel et Danielle Rouiller. |
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